vendredi 19 octobre 2007
En travaux
Vous plaisantez, monsieur Tanner / Jean-Paul Dubois. - Seuil, 2006. - (Points).
Si vous avez une maison, vous avez déjà dû avoir affaire à des artisans, pour tout type de travaux. Et vous comprendrez aisément monsieur Tanner.
Celui-ci a hérité d'une maison de son oncle, très belle mais très délabrée. Il décide donc de prendre un congé pour la restaurer. Mais la tâche est telle qu'il devra faire appel à une aide extérieure. Ce sera l'occasion pour lui de faire une superbe et hilarante galerie de portraits : des escrocs fainéants à l'électricien russe, en passant par le chauffagiste dépressif, vous saurez tout sur cette corporation.
Plus les catastrophes sont énormes, plus on rigole et plus on se prend à espérer que tout fonctionne chez soi. Léger et divertissant.
mercredi 17 octobre 2007
Mon voisin est un auteur
Figurez-vous que j'ai la chance d'avoir pour voisin Hervé Sard, un auteur de romans policiers. Il m'a gentiment offert deux de ses livres.
Fenêtres sur court (MMS éditions) est un recueil de nouvelles de plusieurs auteurs différents. Les histoires sont tour à tour drôles, effrayantes, palpitantes, tristes et entraînantes. Les sept auteurs se sont rencontrés sur le site Monopole Noir et ont décidé de collaborer pour réaliser ce recueil. Le résultat est très intéressant et permet de comparer les styles de chacun.
Vice repetita (de Hervé Sard chez Kraoken) est difficile à résumer sans trop en dire. Sachez juste qu'un matin d'hiver, le corps d'une jeune fille est découvert dans une forêt de la vallée de Chevreuse. Il existe plusieurs suspects mais les apparences désignent un coupable... Le récit est très bien mené et il vous faudra faire preuve de beaucoup de perspicacité pour découvrir le meurtrier. A découvrir...
samedi 6 octobre 2007
Bises bises (en VF)
Kiss kiss / Roald Dahl ; trad. de l’anglais par Elisabeth Gaspar. – Gallimard, 1962. – (Folio).
On connaît bien Roald Dahl pour ces livres pour enfants (Charlie et la chocolaterie, James et la pêche géante…). Il est en revanche moins connu (du moins en France) pour ses livres pour adultes.
J’avais découvert il y a quelques années Mon Oncle Oswald, récit plutôt érotique (voire sexuel, mais j’ai un peu de mal à trouver un terme approprié). On y retrouve le même humour mordant que dans son œuvre pour la jeunesse. Dans Kiss kiss, c’est un peu différent.
Il s’agit d’un recueil de 11 nouvelles. Certaines sont connues, telle La logeuse (voyageurs, méfiés vous des B&B). D’autres sont plus scabreuses : avec Cochon, vous ne verrez plus la viande de la même manière. Il est difficile de trouver une unité à ces histoires. Par exemple, certaines offrent une belle vengeance aux femmes brimées (William et Mary) alors que d’autres les punissent bien (Madame Bixby et le manteau du colonel). Ce qui les relie, c’est peut-être cet humour ironique, ce nonsense anglais inimitable et bien sûr ce style savoureux propre à Roald Dahl. Car drôles ou sanglantes, ces histoires font mouche. Aussi, si vous n’avez pas l’âme sensible, je ne peux que vous conseiller ce livre.
dimanche 3 décembre 2006
Derrière les barreaux
Le Bruit des trousseaux / Philippe Claudel. - Hachette, 2005. - (Le livre de poche).
Ce livre m'a été prêté par La Bibliothécaire Masquée, qui m'en avait déjà touché deux mots auparavant. Et pour cause : je suis intervenu pendant presque 3 ans dans les bibliothèques de 2 prisons.
Par petites touches, petites anecdoctes, Philippe Claudel raconte la prison. Pendant 11 ans, il y est intervenu en tant que professeur. Il y parle de personnes rencontrées, détenus, surveillants, extérieurs... Il y parle de la promiscuité, de la violence, de l'hygiène... Il y parle de son expérience, de sa difficulté, à la fin, à entrer dans la prison...
Son écriture est fine et subtile. Il décrit ce qu'il a vécu ou ce que les détenus lui ont raconté dans de courts paragraphes, tel un album souvenir. Le tout se dévore sans difficultés et se lit très vite (pour ma part, à peine un trajet maison-boulot). A conseiller aux lecteurs pressés.
Si ce livre m'a tant touché, c'est que j'y retrouve ma propre expérience. La motivation nécessaire pour entrer dans ces établissements, les détenus qui nous racontent parfois une partie de leur vie... et surtout, malheureusement, l'impression de remplir un tonneau sans fond.
mercredi 1 novembre 2006
Nouveau portrait
Dorian / Will Self. - Ed. de l'Olivier, 2004.
Quand j'ai lu une critique de ce livre, le Portrait de Dorian Gray de Wilde m'est revenu en mémoire. Comme tout le monde, je l'ai lu durant ma scolarité, sans en percevoir toute l'ambiguité. Mais je me souvenais de la fin, qui est plutôt marquante.
Dans cette adaptation moderne, le portrait a été remplacé par une installation vidéo "Cathode Narcissus" et Dorian est devenu un être franchement immoral, participant au développement de fléaux des années 1980 et 1990. Sa vie n'est que sexe (avec tout le monde), drogue et SIDA. L'ambiguité a disparu, laissant place à une quantité luxueuse de détails.
Loin de s'enfoncer dans une description trash des bas-fonds de la haute société britannique, Will Self, grâce à sa plume acérée, décrit des personnages dont les portraits sont parfois drôle mais toujours acides.
Pour être honnête, la fin m'a échappée. Mais bon, je ne suis pas une lumière. Et puis le but est atteint : j'ai ajouté Le Portrait de Dorian Gray sur la liste de mes lectures à venir.
mardi 31 octobre 2006
Famille je vous aime...
Je vais bien, ne t'en fais pas / Olivier Adam. Le Dilettante, 1999.
Olivier Adam, je l'ai découvert avec La Messe anniversaire, à l'Ecole des Loisirs. J'ai tout de suite aimé son style, nostalgique mais optimiste. Aussi, quand j'ai vu qu'un film avait été tiré d'un de ses livres, j'ai voulu le lire.
Claire travaille à Shopi et vit sans vivre. Depuis que son frère Loïc a disparu (suite à une dispute avec leur père), elle n'a goût à rien. Ce qui la maintient en vie, ce sont les cartes postales qu'elle reçoit régulièrement de son frère, des quatre coins de la France. Des cartes toutes simples, mais qui, en substance, disent "je vais bien, ne t'en fais pas". Cependant Claire veut retrouver Loïc : la dernière carte avant son départ en vacances vient de Portbail. C'est là-bas qu'elle ira...
J'ai retrouvé ici ce que j'aime chez cet auteur : un style, une nostalgie, des vies qui tiennent à un fil, un optimisme... Olivier Adam maîtrise cet art de la description des sentiments, ceux qui touchent, ceux qui blessent, ceux qui nous font vivre. Il aborde avec justesse des thèmes qui me sont chers : l'amour familial, les relations entre les êtres humains.
PS : je n'ai trouvé que la couverture de Pocket. Je n'ai pas trouvé la couverture du Dilettante, qui est beaucoup plus originale. Je vous conseille d'ailleurs cet éditeur de qualité.
lundi 6 mars 2006
84, Charing Cross Road / Helene Hanff. – Autrement, 2001. – (Littérratures). ISBN 2-7467-0058-1.
En octobre 1949, Helene Hanff est écrivain sans le sous à New-York. Elle contacte la librairie Marks & Co., spécialisée dans les livres d’occasion et installée au 84, Charing Cross Road à Londres. Helene se plaint de ne pouvoir trouver à New-York les livres qu’elle recherche. Elle sera comblée par les envois de Marks & Co. Mais ce sera surtout le début d’une correspondance qui durera jusqu’en 1969, spécialement avec Franck Doel, son libraire « attitré ».
Cela faisait longtemps que je voulais lire ce livre : sa couverture me rappelait Inconnu à cette adresse (même éditeur, même collection, lisez-le) que j’avais beaucoup apprécié. Et je n’ai pas été déçu. Cette histoire vraie sous forme épistolaire est bourré d’humour et offre un formidable aperçu de la littérature anglaise (Helene Hanff est une grande dévoreuse d’ouvrages classiques).
J’apprécie beaucoup la vivacité d’esprit et le caractère d’Helene, je comprends qu’on puisse se sentir facilement très proche d’elle. Je pense que je vais essayer de me renseigner plus sur elle.
Je ne peux donc que vous recommander ce formidable ouvrage, qui se dévore d’une traite. Bonne lecture !


