vendredi 30 novembre 2007
Il y a très très longtemps
Les Aventuriers du Très Très Loin, 01 : Fergus Bonheur / Paul Stewart ; ill. Chris Riddell ; trad. de l’anglais par Amélie Sarn.- Milan jeunesse, 2007.
Fergus Bonheur est un jeune garçon qui vit seul avec sa mère. Celle-ci travaille dur car son mari a disparu en mer. Elle n’a pu inscrire son fils que dans le bateau-école Betty-Jane, les cours y étant gratuits. Les professeurs et les enseignements y sont bizarres (tout tourne autour des tunnels et des gouffres) mais c’est tout ce que Fergus et sa mère peuvent s’offrir. Depuis quelques temps, Fergus a un secret : depuis trois nuits, une boîte volante lui apporte des messages. Ceux-ci lui annoncent qu’il court un grand danger…
Voici une nouvelle série des auteurs des Chroniques du Bout du Monde. On y retrouve le même humour et la même imagination, que ce soit dans le texte ou dans les (savoureuses) illustrations. Fergus nous entraîne dans une aventure mélangeant piraterie et inventions délirantes. En plus, bien qu’il s’agisse d’une série, ce premier tome contient une histoire complète. Pour précision, après quelques échanges avec des collègues, je pense que ce roman plaira plus aux garçons.
mercredi 28 novembre 2007
Histoire du Nord
Comment dompter une brute complètement givrée : par Harold Horrib’ Haddock III / trad du vieux norrois par Cressida Cowell ; trad. de l’anglais par Antoine Pichot. - Casterman, 2007.
Findus, l’ami de Harold, est atteint d’un mal terrible. Suite à la morsure d’un Vorpent Vénimeux, il est atteint par la Vorpentite. Pour le sauver, il n’y a qu’une solution : ramener une patate. Le problème est qu’il n’en existe qu’une et qu’elle se situe sur l’île des Hystériks, une tribu viking « complètement cintrée ». Harold va prendre son courage à deux mains et, aidé par son amie Kamikazi et son dragon Krokmou, va tout faire pour sauver son ami.
Voici le quatrième tome des aventures de Harold le viking, après Comment dresser votre dragon ?, Comment parler le dragonnais ? et Comment devenir un pirate ?. Le résumé fait peut ressortir l’humour et la folie ambiante de ce roman. L’histoire est très drôle, pleine d’aventure et de rebondissements. Les illustrations sont un peu brouillonnes, ce qui colle très bien à l’esprit du livre.
lundi 26 novembre 2007
Voyage, voyage, plus loin que la nuit et le jour...
Le Premier voyage : Les Sirènes / Dale Peck, trad. de l’anglais par Nathalie Serval. - Albin Michel, 2007. - (Wiz).
Suite aux attentats du 11 septembre, Susan et ses demi-frères Charles et Murray, se voient confiés à leur Oncle Farley. Celui-ci, solitaire et excentrique, vit au Canada, dans une maison au bord de la Baie de l’Eternité. Cette vieille bâtisse, à l’allure biscornue, contient des choses très étranges : un perroquet un peu trop bavard, une fresque changeante, une domestique qu’on ne voit jamais mais qui fournit des plats à la demande… D’autant que le lendemain, la maison a quitté la terre ferme pour se retrouver sur l’Océan du Temps. Les enfant Oakenfeld, qui ne comprennent pas grand-chose aux explications de leur oncle (qui, lui-même, ne sait pas grand-chose), vont vivre une aventure palpitante.
Le seul détail qui me gêne dans ce récit est l’âge des enfants : Susan, l’aînée a 8 ans. Or je la trouve très mûre pour cet âge. En dehors de ça, voici un formidable roman qui mêle aventure et fantastique. Les rebondissements sont nombreux, l’auteur a créé toute une galerie de personnages attachants et/ou impressionnants : il y en a pour tous les goûts, des « méchants-méchants » au « méchants pas si méchants avec rédemption finale », en passant par « animal fantastique de légende ». Le monde de l’Océan du Temps est également un lieu magique et créatif, où ceux qui aime la théorie du paradoxe temporel seront comblés. Je vous le conseille, d’autant que ce premier volume présente une histoire complète.
samedi 24 novembre 2007
Un peu d'histoire
Syrie 1941 : La Reine des deux Empires / Pierre Davy.- Nathan, 2007. - (Les Romans de la mémoire).
Syrie, 1941. Anne vit en Syrie depuis le divorce de ses parents. Elle s’est prise de passion pour ce pays, et y effectue des recherches archéologiques. Or, au même moment, la guerre fait rage en Europe. La Syrie, sous protectorat français depuis la fin de la Première Guerre mondiale, reste pour l’instant à l’écart du conflit. Bientôt, le temps des choix viendra pour chacun. Anne, entourée de plusieurs compagnons et amis, les verra chacun faire un choix difficile…
Pierre Davy, à travers l’histoire d’Anne, nous permet de mieux comprendre ce qui s’est passé en Syrie en 1941. Il présente chaque point de vue et fait ressortir l’absurdité de ce conflit (des Français affrontant des Français). Son style fluide et clair aide également à la lecture. Bien sûr, comme tous les romans de cette collection, il y a parfois des passages qui « sonnent » pédagogiques. Mais on les oublie vite pour se replonger dans l’histoire.
jeudi 22 novembre 2007
Vivement la rentrée
Ta photo dans le journal / Marie Brantôme. - Seuil, 2007.
Dans les années 1950, parce que l’iode est bon pour la santé, la mère de Laure décide de l’envoyer deux mois en vacances chez des connaissances. Laure va donc arriver seule chez les Pinsart, un couple peu sympathique entouré de leur fille Francia, âgée de 30 ans et « simple », et Pierrot, un enfant de l’assistance publique accueilli pendant l’été. Laure se lie rapidement avec Pierrot : ils s’apprivoisent et s’enrichissent mutuellement. Laure va notamment aider Pierrot à apprendre à lire. Mais devant l’amitié des deux enfants, Francia, à l’esprit fragile, va se mettre à les détester…
Laure semble être un personnage échappé de Avec tout ce qu’on a fait pour toi du même auteur, car le contexte semble être le même. Laure et Pierrot sont des personnages attachants, avec leurs forces et leurs faiblesses. Marie Brantôme arrive à nous accrocher avec cette histoire d’une grande finesse. La construction du roman n’y est pas pour rien : on connaît dès le départ une partie du dénouement. Dès lors, des détails de l’histoire font monter l’angoisse doucement.
mardi 20 novembre 2007
Ah la jeunesse...
Avec la langue / Adam Bagdasarian ; trad. de l’anglais (Etats-Unis) par Rachel Hausfater. - Thierry magnier, 2007. - (Nouvelles).
Dans de courts textes, Will raconte des morceaux de son enfance et de son adolescence : bagarre, premier baiser avec la langue, relations avec son frère et son père… Les histoires sont souvent drôles, parfois touchantes. Le texte et l’écriture sont de qualité. Cependant, beaucoup d’épisodes sont très connotés « culture américaine ». Je me demande si les jeunes lecteurs français apprécieront.
dimanche 18 novembre 2007
Maman voyageuse
Ma maman est en Amérique, elle a rencontré Buffalo Bill / Jean Regnaud et Emile Bravo. - Gallimard, 2007.
Je ne crois pas que Gallimard édite beaucoup de BD. Mais si elles sont toutes comme celle-là, pourvu qu'ils s'en fassent plain d'autres.
Nous sommes en 1970 et Jean entre à l'école des grands. Il nous raconte des morceaux de sa vie : sa maîtresse, son papa et son frère, ses grands-parents, ses amis, sa voisine Michèle... Il n'y a que sa maman qui manque car elle est partie en voyage. Il n'a des nouvelles que par le biais de Michèle : c'est elle qui reçoit les cartes et qui les lit car Jean est encore trop petit pour déchiffrer les lettres...
C'est donc une histoire douce-amère que nous livrent les auteurs. L'humour a une place très importante dans cette histoire et on rigole beaucoup. Mais l'on sent bien la douleur cachée de Jean, les questions qu'il se pose sur cette mère absente en grandissant. L'émotion de cette histoire est bien mise en valeur par les illustrations rondes et expressives. Même ceux qui n'aiment pas la BD devraient être conquis.
vendredi 16 novembre 2007
Pas facile d'être un ado
Tête nue / Isabelle Rossignol.- Ecole de Loisirs, 2007. - (Médium).
Elle s’appelle Flore. Elle se hait, se donne des baffes, s’insulte. Elle se déteste car elle rougit tout le temps, à en devenir cramoisie et laide. Quand elle manque de s’évanouir devant le garçon qui plaît, elle va commettre un acte irréparable : se couper des mèches de cheveux. Affichant ainsi son mal-être, sa presque folie, elle va pourtant refuser beaucoup de mains tendues vers elle. Pourtant, ses vrais amis sont toujours là.
Malgré une fin rapide que je ne trouve pas assez tranchée, ce roman est instructif et intéressant. Suivre le parcours d’une jeune fille mal dans sa peau de manière pathologique, en grande difficulté, voilà l’objectif que s’est fixé l’auteure. Et elle y parvient très bien. Le comportement de Flore est effrayant mais elle a ses raisons. On découvre alors qu’avant d’aider quelqu’un, il faut le comprendre.
mercredi 14 novembre 2007
D'un pays à l'autre, d'une vie à l'autre
Kaïna-Marseille / Catherine Zambon.- Actes Sud junior. - (D’une seule voix).
Dans un monologue, Mamata raconte sa vie : elle parle de son village africain, de son voyage jusqu’en France, sa vie à Marseille. Car sa grand-mère Kaïna l’a poussée à partir pour échapper à son destin. Mais l’arrivée en France n’est pas celle espérée. Heureusement, Mamat-Isabelle a beaucoup de volonté…
On peut se demander si cette nouvelle collection est une collection de théâtre ou de roman, la plupart des textes ayant déjà été joué. Mais en fait, on s’en fiche un peu. Un texte aussi riche que Kaïna-Marseille, aussi dense, aussi touchant mérite vraiment qu’on s’y arrête. Ce que vit Mamata est dur mais elle a la volonté de vivre, transmise par sa grand-mère. C'est une formidable histoire appelant à la tolérance.
lundi 12 novembre 2007
Famille je vous aime
Les Yeux qui chantent / Alex Cousseau. - Le Rouergue, 2007. - (Do Ado).
Grand-Ma est morte cette nuit. Ce matin, William, 13 ans, et sa soeur Violette, 6 ans, prennent leur petit déjeuner. Quand William tue un frelon, Violette en est toute retournée : Grand-Ma lui avait dit que quand elle mourrait, elle se transformerait en abeille. La petite fille décide d'aller l'enterrer. Son grand frère l'accompagne, comprenant qu'il s'agit d'aider sa soeur. Durant cette promenade, il tâchera de lui faire comprendre que tout ce que disait Grand-Ma n'était pas toujours vrai mais qu'elle savait les faire rêver...
Alex Cousseau aborde dans ce très court roman un sujet difficile : le deuil d'un membre de la famille. Il trouve dans le personnage de William le messager idéal, à la fois très fortement attaché à sa grand-mère et très tendre et attentif envers sa soeur. Il s'exprime peut-être de manière très (trop ?) mature pour un enfant de 13 ans, mais de manière extrêmement juste. Ce livre est un concentré de bonheur et de nostalgie, à découvrir de toute urgence.
Pour avoir l'avis de Clarabel.
