samedi 27 octobre 2007
Quelle félonie pour un félin
Crépidule : ou la légende du chat de Saint-Cado / Marie Sellier ; Matei Negreanu. – Le Baron Perché, 2007.
Cado, pas encore saint, vivait sur une île de Bretagne. Après y avoir construit un monastère, il décida de construire un pont. Mais chaque nuit, la mer l’emportait. Le diable eu vent de ce projet et proposa à Cado de construire l’édifice en échange de l’âme du premier qui traversera le pont. Cado accepte. Le lendemain, le pont est fini. Cado s’approche et… fait traverser son chat !
Marie Sellier a choisi de nous raconter cette légende du point de vue du chat. C’est assez drôle, car elle a rajouté dans l’histoire la maman du diable. Ne vous en faites pas, Cado étant un saint, il n’oubliera pas l’âme de son chat. De plus, les illustrations en noir et blanc sont toutes en nuance et accompagnent très bien le texte. C’est un beau livre qui mérite d’être connu.
jeudi 25 octobre 2007
Quelle fraternité !!
Will, Marty et compagnie : un grand frère d’enfer / Eoin Colfer ; ill. Tony Ross ; trad. de l’anglais par Alice Marchand. – Gallimard jeunesse, 2007. – (Folio cadet).
Par facile pour Will d’être le deuxième de quatre enfants : son papa et sa maman sont toujours monopolisés par les autres. Surtout qu’il a de vrais problèmes, lui. Aussi décide-t-il de se confier à son grand-père. Il passe un accord : chaque samedi, chacun racontera ses problèmes à l’autre. Mais au bout de quelques temps, Will s’aperçoit que les lamentations de son grand-père sont toujours plus graves que les siennes. Alors il interroge son père. Et cette semaine, il va pouvoir raconter un vrai problème : quand il était bébé son grand frère Marty a essayé de l’abandonner…
En plus d’écrire des romans fantastiques hyper-intéressants (Artemis Fowl, 5 volumes, lisez-les !), Eoin Colfer se paie le luxe d’écrire des romans pour les plus jeunes hyper-intéressants. Dans ce livre, il donne de manière drôle et originale une belle leçon de vie. Je vous le conseille ainsi que les autres aventures de Will, Marty et compagnie.
mardi 23 octobre 2007
Fantastique à découvrir
Les Héritiers du Stiryx / Elodie Tirel. – Milan, 2007. – (Grands formats).
Zan est un adolescent insouciant, qui vit heureux avec sa famille et ses amis dans le désert du Zaor. Un jour, un étranger blessé arrive dans son village. Juste avant de mourir, il donnera un bracelet mystérieux au jeune garçon. Celui-ci ne le sait pas encore, mais il est devenu le Passeur, chargé de rapporter le Stiryx au souverain de Nosil’Yam. Quand il l’apprendra, il devra alors quitter son village et traverser de nombreuses contrées. En plus des dangers de la route, Zan devra faire face à plusieurs ennemis, le Stiryx soulevant bien des convoitises, et notamment celle du terrible Zamorin.
Voici un roman d’héroïc fantasy tout à fait honorable. La quête de Zan sera pour lui l’occasion de grandir et d’apprendre quelles sont ses véritables origines. Ce livre contient une histoire complète mais la fin est suffisamment ouverte pour espérer une suite. Il me semble que c’est le premier roman d’Elodie Tirel. Malgré quelques tournures de phrases que je trouve maladroite, je pense qu’elle a un grand avenir dans la littérature jeunesse.
dimanche 21 octobre 2007
Légende écossaise
Le Dragon des mers / Dick King-Smith ; ill. Peter Bailey ; trad. de l’anglais par Vanessa Rubio. – Gallimard jeunesse, 2007. – (Folio cadet).
Sur les plages écossaises, Angus et Fiona trouve un drôle d’œuf. Il le rapport chez eux et l’installent dans la baignoire. Quelle ne sera pas leur surprise quand il en sortira… un dragon des mers ! Ils préviennent leur grand-père et leur mère, qui accepteront de les aider à l’élever. L’animal est intelligent et apprend vite. Mais il a un défaut : il grossit très vite. Il faudra lui trouver différents lieux de vie, tout en le préservant des curieux…
Dick King-Smith a un don pour écrire des histoires belles, amusantes et imaginatives (c’est l’auteur de Babe, le cochon qui voulait devenir berger). Ici, il nous propose sa vision de l’origine du « monstre » du Loch Ness. Et, personnellement, j’aime beaucoup cette version. A découvrir.
vendredi 19 octobre 2007
En travaux
Vous plaisantez, monsieur Tanner / Jean-Paul Dubois. - Seuil, 2006. - (Points).
Si vous avez une maison, vous avez déjà dû avoir affaire à des artisans, pour tout type de travaux. Et vous comprendrez aisément monsieur Tanner.
Celui-ci a hérité d'une maison de son oncle, très belle mais très délabrée. Il décide donc de prendre un congé pour la restaurer. Mais la tâche est telle qu'il devra faire appel à une aide extérieure. Ce sera l'occasion pour lui de faire une superbe et hilarante galerie de portraits : des escrocs fainéants à l'électricien russe, en passant par le chauffagiste dépressif, vous saurez tout sur cette corporation.
Plus les catastrophes sont énormes, plus on rigole et plus on se prend à espérer que tout fonctionne chez soi. Léger et divertissant.
mercredi 17 octobre 2007
Mon voisin est un auteur
Figurez-vous que j'ai la chance d'avoir pour voisin Hervé Sard, un auteur de romans policiers. Il m'a gentiment offert deux de ses livres.
Fenêtres sur court (MMS éditions) est un recueil de nouvelles de plusieurs auteurs différents. Les histoires sont tour à tour drôles, effrayantes, palpitantes, tristes et entraînantes. Les sept auteurs se sont rencontrés sur le site Monopole Noir et ont décidé de collaborer pour réaliser ce recueil. Le résultat est très intéressant et permet de comparer les styles de chacun.
Vice repetita (de Hervé Sard chez Kraoken) est difficile à résumer sans trop en dire. Sachez juste qu'un matin d'hiver, le corps d'une jeune fille est découvert dans une forêt de la vallée de Chevreuse. Il existe plusieurs suspects mais les apparences désignent un coupable... Le récit est très bien mené et il vous faudra faire preuve de beaucoup de perspicacité pour découvrir le meurtrier. A découvrir...
lundi 15 octobre 2007
Un enfant heureux
Z comme Zinkoff / Jerry Spinelli ; trad. de l'anglais par Jérôme Lambert. - Ecole des Loisirs, 2007. - (Neuf).
Zinkoff est un petit garçon comme les autres, peut-être un peu plus rêveur, volontaire et innocent. Sa différence s'exprime de plusieurs manières : il saute quand il lève la main en classe, il est excessif, il rigole quand on lui tord le bras... Zinkoff est comme ça. Pour l'instant, les autres enfants l'acceptent et en rient. Mais en grandissant, les autres changent : l'apparence se met à compter, l'esprit de compétition apparaît. Or Zinkoff ne change pas...
Jerry Spinelli a l'habitude de nous offrir des récits forts. C'est encore le cas cette fois-ci. Donald Zinkoff n'a pas de problème : il est juste gentil et pur, il exprime à sa manière ce qu'il ressent. Or il vit dans une société qui a du mal à accepter ce qui est naturel et "hors-norme". Heureusement pour lui, certain, et notamment sa famille, sont là pour lui donner ce dont il a besoin : beaucoup de patience, de compréhension et d'amour.
samedi 13 octobre 2007
A l'opéra
Peut-être le savez-vous, mais l'Opéra de Paris propose des abonnements très intéressants pour les moins de 28 ans. J'en profite pour la première fois cette année, avec 4 spectacles (3 opéras et un ballet).
Le premier opéra a eu lieu le 23 septembre dernier à l'Opéra Bastille.
L'Elixir d'amour : melodramma giocoso en deux actes de Gaetano Donizetti.
Avec Désirée Rancatore (Adina) ; Dmitry Korchak (Nemorino) ; Laurent Naouri (Belcore) ; Ambrogio Maestri (Dulcamara) ; Evelino Pido, direction musicale ; Orchestre et Choeur de l'Opéra de Paris.
Tout d'abord, signalons les superbes décors de Chantal Thomas qui situe l'action dans la campagne italienne des années 50-60. Ils sont tout simplement superbes et extrêmement bien réalisés. La perspective donne une impression de profondeur et de réalisme saisisants. De plus, de nombreux éléments (dont un vrai chien) ajoutent au comique de la pièce et permettent une mise en scène très originale.
Celle-ci souligne l'humour de cet opéra de Donizetti. Pour résumer l'intrigue, le jeune et benêt Nemorino se pâme d'amour pour la belle Adina. Mais celle-ci rêve d'indépendance et de lectures et est courtisée assidûment par le sergent Belcore. C'est alors qu'arrive en ville Dulcamara, un charlatan proposant une boisson miracle. Nemorino lui demande s'il possède un filtre d'amour. Dulcamara lui vend une bouteille contenant en fait du Bordeau. Malgré cela, cette boisson aidera Nemorino à séduire Aldina...
La voix des chanteurs et la musique de l'orchestre m'ont littéralement transportées. J'ai surtout adoré la voix fantastique de Désirée Rancatore, qui incarne parfaitement Adina, avec puissance et justessed. Laurent Naouri m'a fait beaucoup rire, en interprétant avec beaucoup de bouffonneries ce rôle d'homme trop sûr de lui. J'avoue que pendant l'air "una furtiva lagrima" interprété par Dmitry Korchak, j'ai été beaucoup plus intrigué par les étoiles descendues du plafond. Mais toute la salle l'a applaudi.
Bref, un très bon moment pour un néophyte musical comme moi.
Pour une analyse plus poussée, voir ici et ici.
jeudi 11 octobre 2007
Roche d'ailleurs
Les Pierres de Foudre / Alain Grousset. – Gallimard jeunesse, 2007. – (Hors-piste).
Suite à la mort de son père, Marien doit prendre sa relève pour nourrir sa famille : il va donc descendre à la mine. Plein de bonne volonté, il va rapidement se lier avec ses collègues. Mais surtout, il se découvre un don, celui d’entendre l’esprit de son père lui parler et le guider vers les Pierres de Foudre. Celles-ci sont extrêmement précieuses, car ceux qui les portent ne vieillissent plus. Le directeur de la mine va vite exploiter ce don. Ceci va provoquer la colère des Devineuses, secte dont les membres avaient seules le pouvoir de deviner l’emplacement des Pierres. Marien va devoir affronter de grands dangers avant de percer le secret de ces roches miraculeuses.
Alain Grousset a eu une idée très originale en mélangeant science-fiction et exploitation des mineurs au début du siècle. Le tout donne une histoire passionnante, entre réalité historique et fantastique. A découvrir.
mardi 9 octobre 2007
Allez les Bleus !!
La Grande fête du rugby / Bernard Chambaz, images de Zaü. – Rue du monde, 2007. – (Roman du monde : Viva Fausto !).
Après avoir joué au foot et fait le Tour de France, Fausto vit maintenant dans le sud-ouest de la France. Il y pratique le sport local : le rugby (le rubi, avé l’assent). Suite à un tournoi, Fausto et son équipe vont participer à une compétition international au Royaume-Uni, à Rugby, ville natale de ce sport. Oui, mais voilà : Boubacar, un membre de l’équipe ne peut les accompagner. Ses parents n’ont pas encore eu leurs papiers d’identité et il ne peut quitter le territoire. C’est sans compter sur la valeur fondamentale du rugby : la solidarité !
Il en a de la chance Fausto : il vit toutes les aventures sportives possibles et imaginables. Enfin bon, c’est bien écrit, bien illustré, permet de découvrir le rugby et fait passer un message de solidarité et de tolérance. Un livre à ne pas dédaigner donc, même si ma préférence va à « L’Equipe des Bras Cassés » de Vincent Cuvellier, que je trouve plus réaliste et plus proche des préoccupation quotidienne des enfants.



